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Rationalisation de la ressource en eau : initiatives privées d’introduction du Polyter dans l’oasis de Tidjikja en Mauritanie

Depuis un an, deux propriétaires de palmeraies de l’oasis de Tidjikja dans la région du Tagant en Mauritanie, tente l’expérience du Polyter. Ces initiatives pilotes seront l'occasion de voir les effets à moyen terme de ce produit hydro-rétenteur, enrichi en éléments fertilisants.

La sécheresse qui touche et persévère dans le Tagant a de lourdes conséquences sur la pérennité de l’oasis de Tidjikja. En 20 ans, 30 à 60 % de l’oasis aurait périe en raison du manque d’eau. Il faut creuser, forer toujours plus profondément pour atteindre la nappe phréatique dont les ressources s’épuisent. Malgré l’installation dans certaines exploitations de système d’irrigation californien ou au goutte à goutte, sans eau, ces systèmes sont obsolètes et ne fonctionnent pas. La désertification touche de plein fouet cette oasis vieille de près de quatre siècles. Face à cette crise, les habitants de Tidjikja, et notamment les propriétaires de palmeraies doivent faire preuve d’ingéniosité et d’innovation pour tenter de préserver leur environnement. La rationalisation de l’eau est la priorité pour faire face à cette sécheresse. « Il faut que nous vivions comme des gens qui n’ont plus d’eau » affirme Bechir El Yahya, propriétaire de palmeraie et membre du Groupement d’Intérêt Économique pour le Développement de l’Oasis de Tidjikja (GIE DOT).

Deux propriétaires de palmeraies ont pris l’initiative d’utiliser le Polyter afin de limiter leur consommation d’eau d’irrigation. Le Polyter est un hydro-rétenteur, enrichi en éléments fertilisants, destiné spécifiquement aux végétaux. Il permet de rationaliser la ressource en eau en diminuant de 50 % l’apport nécessaire pour irriguer et contribue à la lutte contre l’appauvrissement des sols. « Maintenant il faut que les mauritaniens vivent sans pluie. Avec le Polyter on diminue au minimum par deux la consommation d’eau d’irrigation », continue Bechir El Yahya. Le Polyter se mélange au substrat des plantes ou par carottage dans les zones racinaires. Les racines des végétaux viennent alors se greffer aux nodules du Polyter qui devient partie intégrante de la plante. A Tidjikja, il est utilisé pour la culture d’arbres fruitiers comme le palmier dattier, les orangers, les pruniers ou encore les vignes.

Les initiateurs de son introduction dans l’oasis de Tidjikja doivent se fournir sur les marchés marocains ou sénégalais. Le produit reste assez cher en dépit du fait que son inventeur, Philippe Ouaki Di Giorno, ingénieur agronome, ait refusé de déposer un brevet pour rendre son invention accessible à tous. Les coûts de transport pour acheminer le précieux produit en Mauritanie par voie aérienne ou terrestre représente un poids pour ses utilisateurs. L’idée émerge, qu’à terme, le Polyter soit produit localement en plus d’être disponible à la vente dans la boutique du GIE DOT. « Si quelques associations s’associaient pour cela, il pourrait y avoir une production locale. », poursuit le propriétaire de palmeraie.

L’objectif de ces initiatives pilotes est de tester le produit dans cette région oasienne pour démontrer l’efficacité de son action, et ainsi sensibiliser la population locale à ses effets. « Si nous arrivons à  la généralisation de son usage dans la région cela permettra de régler le problème d’irrigation. », conclue-t-il.   

Affaire à suivre.

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