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Retour sur la stratégie mauritanienne de mise en œuvre de la Grande Muraille Verte entre 2014 et 2018

La stratégie de La Grande muraille verte pour le Sahara et le Sahel, communément appelée Grande muraille verte (GMV), est une initiative réalisée sur le continent africain pour lutter contre les effets du changement climatique et de la désertification. En 2010, à Ndjamena au Tchad, la Mauritanie est devenue signataire de la Convention de création de l’Agence Panafricaine de la Grande Muraille Verte (APGMV) et s’est engagée à la mise en œuvre de l’ «Initiative de la Grande Muraille Verte pour le Sahara et le Sahel (IGMVSS)».

L’IGMVSS

L’IGMVSS vise principalement la lutte contre la dégradation des terres et la désertification, tout en contribuant à la sécurité alimentaire et au développement socioéconomique durable des populations de la zone sahélo-saharienne du continent. Elle permet également de soutenir les efforts des communautés locales à la base, en matière de gestion et d’utilisation durable des forêts, d’infrastructures socioéconomiques et de parcours pastoraux. Son objectif global est «de contribuer à améliorer les conditions de vie et la résilience des communautés locales au changement climatique, à la désertification et à la sécheresse par le renforcement de la productivité des ressources naturelles et des écosystèmes dans le cadre de la réalisation de la sécurité alimentaire».

C’est dans cet esprit que les pouvoirs publics mauritaniens ont décidé de mettre en œuvre l’IGMVSS à travers l’élaboration et l’adoption d’une stratégie et d’un Plan d’Action National (PAN), dans un contexte national répondant aux caractéristiques particulières de zones arides et semi-arides, et aux réalités et modes de vie des communautés locales auxquelles le programme est principalement destiné.

Les défis environnementaux à relever en Mauritanie

Le contexte environnemental mauritanien présente de nombreuses spécificités et défis à relever. La dégradation des sols y est importante et concerne environ 20% des espaces agricoles et boisés (MEDD, 2010). Les terres cultivables représentent moins de 1% de la superficie du pays en raison de son climat désertique, de la composition de ses sols, de son faible réseau hydrographique (pas de cours d’eau permanent à part le fleuve Sénégal), des sécheresses récurrentes et des changements climatiques. En outrela pression excessive sur les ressources naturelles, exercée par une population à croissance très forte, les mauvaises pratiques de gestion des ressources naturelles (surpâturage, déboisement, exploitation minière des sols, etc.) sont des facteurs pesant lourdement sur un développement propice de l’environnement mauritanien. De plus, malgré un faible taux annuel de pluviométrie, les conditions climatiques défavorables caractérisées par des pluies torrentielles, irrégulières et mal réparties dans l’espace et dans le temps ainsi que des vents fréquents et souvent forts, sont les sources de la dégradation des terres à travers l’érosion hydrique et l’érosion éolienne.

Plan d’action de l’IGMVSS en Mauritanie pour la période de 2014 à 2018

La Mauritanie, en sa qualité de pays fondateur et signataire de la Convention de création de l’APGMV, a fait de cette initiative panafricaine de la GMV une orientation prioritaire en ratifiant la Convention en 2013 et par sa mise en œuvre au niveau national à travers la création de  l’Agence Nationale de la Grande Muraille Verte (ANGMV). En 2014, le Ministère de l’Environnement et du Développement Durable mauritanien en partenariat avec la FAO publient la « Stratégie et Plan d’Action de mise en œuvre de l’Initiative de la Grande Muraille Verte en Mauritanie » couvrant la période  de 2014 à 2018. Ce document propose un cadre opérationnel pour une mise en œuvre appropriée de la GMV adaptée au contexte mauritanien.

En Mauritanie, les orientations stratégiques en relation avec la gestion rationnelle des ressources naturelles, la protection de l’environnement et l’amélioration du cadre global de vie des populations, reposent sur l’approche participative inclusive. C’est dans ce cadre que le Plan d’Action représente l’outil de mise en œuvre de la Stratégie Nationale de la GMV et concernera principalement le milieu rural et spécifiquement les zones de concentration de la pauvreté.

La zone de mise en œuvre de la GMV pour la Mauritanie couvre six Wilayas (Trarza, Brakna, Tagant, Assaba, Hodh El Gharbi et Hodh Ech Charghi). Le projet de tracé de la GMV traverse 15 Moughatâas et 45 communes. Dans leurs différentes formes d’organisation (coopératives, associations groupements, organisations de femmes ou de jeunes, etc.), les populations constituent le pilier central dans la mise en œuvre de l’Initiative de la Grande Muraille Verte (IGMV) en Mauritanie. Ces populations sont estimées à 481 000 habitants et réparties dans 1 242 localités.

La Stratégie Nationale de la GMV pour la Mauritanie constitue une synthèse de consultations avec les acteurs qui, au niveau national, sont impliqués dans la lutte contre la pauvreté, la désertification, les changements climatiques et la conservation de la biodiversité, ainsi que les bénéficiaires. Plan d’Action de mise en œuvre de cette Stratégie Nationale a un budget global est estimé à 39 768 000 000 UM (ouguiyas), soit 136 706 282 US$. Les ressources nécessaires pour le financement du Plan d’Action de la GMV en Mauritanie proviennent principalement des dotations de l’État, des contributions des partenaires au développement et de la mise en place d’un fonds fiduciaire multi-donateurs.

L’objectif global de l’IGMVSS en Mauritanie vise à améliorer les conditions de vie et la résilience des communautés locales au changement climatique. Les objectifs spécifiques sont :

- Objectif spécifique 1: Améliorer la productivité des ressources foncières et le niveau de sécurité alimentaire des populations de la zone de mise en œuvre de l’IGMVSS. Il s’agira dans le cadre de cet objectif d’entreprendre des actions de Gestion Durable des Terres (GDT) par la restauration et les bonnes pratiques de conservation, de récupération d’importantes superficies de terres dégradées ou marginales et de mise en valeur des terres pour en faire des sites propices à des activités agricoles, pastorales ou forestières. 

- Objectif spécifique 2: Renforcer les capacités des parties prenantes et particulièrement celles des acteurs locaux, dans la lutte contre la désertification, la gestion des ressources naturelles et la gestion durable des terres à travers la promotion des savoir-faire locaux et la vulgarisation les résultats de la recherche scientifique.

- Objectif spécifique 3: Mettre en place une stratégie de communication et de gestion des connaissances sur l’engagement des acteurs à travers des actions de plaidoyer, sensibilisation et d’éducation, en vue de mieux soutenir les efforts de mobilisation des ressources financières.

- Objectif spécifique 4: Animer la coordination, la concertation et le suivi-évaluation des activités du plan d’action de l’IGMVSS.

Et les oasis dans tout cela ?

Au plan national, différents principes permettent de délimiter la zone de réalisation de la GMV, l’initiative ne peut englober tout un pays et est centrée sur une zone géographique bien précise comme nous l’avons énoncé précédemment. Les principales zones oasiennes mauritaniennes sont situées dans les Wilayas du Tagant et de l’Adrar et dans une moindre mesure en Assaba et aux Hodhs. La culture oasienne se pratique sur une superficie avoisinant les 4 751 hectares et concerne approximativement 15 000 exploitations de très petite taille. Il apparaît que ces écosystèmes gagneraient à être davantage inclus dans le prochain plan d’action mauritanien de mise en œuvre de la GMV car dans la présente stratégie ils ne sont évoqués que très superficiellement. Selon un des principes régissant la délimitation de la zone d’intervention il apparaît tout à fait possible d’intégrer les agrosystèmes oasiens à l’IGMV en Mauritanie car « étant donné que l’IGMVSS joue à la fois une fonction préventive et curative, certains pays pourraient éprouver le besoin d’aller au-delà de cette zone pour lutter contre la dégradation des sols et améliorer les moyens de subsistance afin d’alléger la pauvreté. » (Stratégie et Plan d’Action de mise en œuvre de l’Initiative de la Grande Muraille Verte en Mauritanie).

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