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Rencontre des acteurs de la gestion intégrée des ressources en eau en Mauritanie

Ce 25 avril 2019 s’est tenu une rencontre réunissant du Réseau Eau Potable et Assainissement en Mauritanie (REPAM). Le REPAM réunit l’ensemble des acteurs du secteur de l’eau et de l’assainissement en Mauritanie (institutions publiques et parapubliques, organisation de la société civile, instituts scientifiques, entreprises privées et bureaux d’étude).

 C’est un espace de concertation, d’échanges et de diffusion des informations et des données liées à l’eau, l’assainissement et l’hygiène. La rencontre, animée par Tenmiya – point focal du REPAM, a réuni des représentants du ministère de l’hydraulique, des Nations unies, de la ville de Nouakchott, du centre national des ressources en eau, ainsi que d’organisation de la société civile. Les échanges de cette rencontre étaient centrés sur deux points : 

  • la restitution de la rencontre de haut niveau du SWA (Sanitation & Water for All). Dans le cadre du partenariat pour l’eau et l’assainissement pour tous, la rencontre de haut niveau s’est tenue les 4 et 5 avril 2019 à San José au Costa Rica. Cette rencontre a réuni les ministres du secteur de l’eau et l’assainissement et celui des finances des pays membres du partenariat,
  • L’actualité du REPAM.

La Mauritanie était représentée à cette rencontre par la ministre de l’hydraulique et de l’assainissement, Naha mint Mouknass et du Point focal du SWA, Lavdhal ould Dadé.
La restitution de cette rencontre de haut niveau a été présentée par le point focal du SWA et conseiller du Ministre de l’hydraulique et l’assainissement, Mr Lavdal ould Dadé. Dans sa communication, il est évoqué trois points :

  • Les progrès réalisés par la Mauritanie dans le secteur,
  • Les engagements du pays,
  • L’adhésion de la société civile au SWAProgrès.

Engagements forts de la Mauritanie dans le domaine de l’eau

Sur les deux premiers points, le point focal a résumé le bilan des progrès réalisés par la Mauritanie en matière d’accès à l’eau et à l’assainissement avec quelques chiffres clés :

Eau potable : La Mauritanie a enregistré des progrès satisfaisants en matière d’alimentation en eau potable en vue de l’atteinte des ODD. Selon le bilan du secteur, réalisé par le Ministère de l’Hydraulique et de l’Assainissement fin décembre 2018, les infrastructures réalisées ont permis de faire passer le taux d’accès des populations à l’eau potable de 58% en 2014 à 72% en 2018.

Assainissement : En zone rurale et semi urbaine, l’approche ATPC (Assainissement Total Piloté par les Communautés) a enregistré des résultats appréciables depuis 2010, date de son démarrage en Mauritanie. Selon le bilan du secteur, réalisé par le Ministère de l’Hydraulique et de l’Assainissement fin décembre 2018, L’assainissement rural a permis de faire passer le taux d’accès à un assainissement amélioré de 34.5% en 2014 à 46% en 2018.

 

Ensuite il a rappelé qu’au cours de cette rencontre, les dirigeants se sont engagés à travers l’initiative Sanitation and Water for all à mettre l’accent sur les populations vulnérables et marginalisées (zone isolée, rurale, potentiel économique faible) pour améliorer l’accès à l’eau et l’assainissement. Dans ces domaines, la Mauritanie  présente des progrès satisfaisants en vue de l’atteinte des ODD. La Mauritanie a présenté un plan triennal (ci-dessous) dans lequel des engagements très forts sont notés :

Plan triennal 2019- 2021 : Lors du conseil des ministres tenu le 28/02/2019, le ministre de l’Hydraulique et de l’assainissement a présenté une communication relative au bilan du secteur de l’Hydraulique et de l’Assainissement sur la période (2009-2018) et au programme triennal (2019-2021).À l’achèvement du programme triennal, les taux d’accès passeront de 72% à 80% pour l’eau potable et de 46% à 53% pour l’assainissement. Le montant nécessaire pour réaliser le programme triennal s’élève à 19.3 milliards de MRU (environ 536 millions de dollars), les financements acquis totalisent une enveloppe de 2,4 milliards de MRU (environ 67 millions de dollars) et ceux à rechercher s’élèvent à 16,9 milliards de MRU (environ 469 millions de dollars).Les financements acquis vont permettre d’équiper 400 nouvelles localités et achever les projets en cours. Entre 2019 et 2021, la Mauritanie, conformément aux orientations du Gouvernement et à la stratégie de développement du secteur eau et assainissement, portera ses efforts sur l’amélioration de l’accès à un assainissement amélioré en zones urbaine et rurale ainsi que la poursuite des actions de l’approche ATPC inscrites dans les programmes du Ministère de l’Hydraulique et de l’Assainissement. En matière d’eau potable, des projets structurants seront achevés et toucheront une frange importante de la population en milieu rural et urbain. Aussi, des efforts seront déployés en vue de rendre la gestion des réseaux d’alimentation en eau potable plus efficiente dans les zones rurales et semi-urbaines, afin de garantir la durabilité de ces réseaux et d’offrir un service pérenne aux populations bénéficiaires.

Concrètement, les engagements de la Mauritanie se traduiront par une programmation de réalisation de 260 nouveaux systèmes d’alimentation en eau potable en milieu rural d’ici 2021, une programmation de réalisation de l’assainissement familial dans 2000 nouvelles localités d’ici 2021 et la révision de la stratégie nationale du secteur eau et assainissement pour l’horizon 2030.

 

Transparence et redevabilité 

Le conseiller du ministre dans sa communication a rappelé aussi que le principe de redevabilité  a fait l’objet d’un intérêt particulier des ministres.  En effet, la redevabilité de tous les acteurs pour le respect des plans et des budgets est essentielle pour garantir que personne n’est laissé de côté. Les individus et les groupes qui ne disposent pas d’un accès adapté à l’eau et l’assainissement doivent être au courant des plans destinés à améliorer leur accès aux services. Ils doivent aussi être en mesure d’actionner des mécanismes de plainte si ces plans ne sont pas concrétisés ou adaptés. La redevabilité est également un outil essentiel pour aider les personnes à réclamer leurs droits, car elle aide les gouvernements à augmenter leur réactivité face aux voix des populations pauvres et marginalisées et renforce la capacité des gouvernements à créer un environnement favorable à la fourniture de services, ce qui contribue à l’élimination des inégalités. Ce principe de redevabilité a fait l’objet d’échange nourri lors des discussions entre les participants à la réunion du REPAM.

Sur le troisième point, le conseiller du ministre a rappelé dans sa communication que les acÀteurs non étatiques (OSC, entreprises, bureaux d’étude, institut de recherche, etc ) des autres pays sont très présents dans le SWA. Il a mentionné aussi que le rôle de ces acteurs est tout aussi important que celui des gouvernements. À la fin de sa communication, il a émis le souhait que le REPAM puisse adhérer au SWA en qualité d’espace fédératrice de tous les acteurs du secteur de l’eau et l’assainissement et dans la mesure où le travail qu’il fait est exactement celui qui est demandé aux membres du SWA.

Actualité du REPAM : Le réseau doit-il évoluer vers une structure formelle ou rester un espace d’échange et de partage informels ?

Au cours de la deuxième partie de la rencontre, une séance en plénière a été animée par le Conseiller du ministre de l’hydraulique, Lavdal Daddé et le Directeur de Tenmiya, Mohamed Tourad, portant sur le futur du REPAM. Dans un premier temps, Mr Tourad a fait un bref historique du réseau depuis sa création en 2009 et qui a été complété par d’autres participants (le représentant de l’Unicef, le Directeur de l’Assainissement, et..). Les échanges ont permis de relever les contraintes et les avantages des deux statuts du réseau en question, c'est-à-dire un cadre d’échange informel et une structure formelle. Il ressort, en effet, qu’un cadre formel risque de nuire à l’efficacité du réseau et à son indépendance. Par contre, le statut informel ne lui permet pas d’avoir une plus grande capacité d’influence sur les politiques et stratégie du secteur de l’eau et de l’assainissement. À l’issue des échanges, un groupe de travail a été mis en place pour approfondir la question et apporter une réponse argumentée sur la question à la prochaine réunion du réseau. Ce groupe étant constitué par les représentants de l’Unicef, Tenmiya et le Chargé de mission au MHA, Saadou Ebih Monane.

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